Le chapitre
Simplement Matthieu ne commence pas par une naissance mais par une liste : une quarantaine de noms d'Abraham jusqu'à Joseph, l'époux de Marie. Il raconte ensuite comment Jésus est né, et l'essentiel de ce récit porte sur ce que Joseph a décidé de faire.
Contexte La liste est l'argument. La première phrase appelle Jésus fils de David et fils d'Abraham, et les quatorze générations qui suivent sont la démonstration. Le récit de la naissance fait ensuite ce que la liste ne peut pas faire : il dit que l'enfant n'est pas de Joseph, ce qui rompt la ligne même que le chapitre vient de tracer.
Versets 1-17
Simplement La généalogie court en trois tronçons : d'Abraham au roi David, de David à la déportation à Babylone, et de Babylone au Christ. C'est à la fois une lignée familiale et une histoire politique, puisque le tronçon central est presque entièrement fait de rois.
Contexte La partie la plus ancienne est citée et non composée. Le passage de Salmon à Boaz, Obed, Isaï et David se trouve mot pour mot à la fin du livre de Ruth, qui se clôt sur la même liste.
Versets 3-6
Simplement Quatre femmes sont nommées dans une liste qui, autrement, ne nomme que des pères : Thamar, Rahab, Ruth, et une qui n'a pas de nom du tout et qu'on appelle la femme d'Urie.
Contexte Trois sont nommées et la quatrième est désignée par son mari, et Matthieu garde ce mari dans la phrase : la mère de Salomon apparaît comme la femme d'Urie. Le livre de Ruth appelle Ruth une Moabite, venue du dehors d'Israël. Le texte enregistre qui étaient ces personnes sans le commenter, et ce fichier ne le commente pas non plus.
Versets 8-11
Simplement La liste est plus courte que l'histoire qu'elle couvre. Entre deux de ses noms, d'autres livres de la Bible placent trois rois que Matthieu ne mentionne pas.
Contexte Matthieu passe directement de Joram à Ozias. Les Chroniques placent entre eux Achazia, Joas et Amatsia, et il s'agit bien du même Ozias des deux côtés : le deuxième livre des Rois l'appelle Azaria, fils d'Amatsia, fait roi à seize ans, et le deuxième livre des Chroniques donne le même âge et le même père sous le nom d'Ozias. Une génération manque aussi à l'autre bout, où Matthieu fait engendrer Jéchonias par Josias alors que les Chroniques placent Jojakim entre eux.
Verset 17
Simplement Matthieu s'arrête et compte pour le lecteur : quatorze générations, puis quatorze, puis quatorze.
Contexte En comptant les noms tels qu'ils sont, on obtient quatorze d'Abraham à David, et quatorze de Salomon à Jéchonias. Le troisième tronçon, de Salathiel à Jésus, en donne treize, sauf si Jéchonias est compté deux fois, fermant un tronçon et ouvrant le suivant, ce que la formulation du verset autorise : depuis David jusqu'à la déportation, et depuis la déportation jusqu'au Christ. Le calcul mérite d'être remarqué plutôt que caché, et la structure du chapitre est une affirmation que Matthieu fait lui-même à voix haute dans ce verset.
Versets 18-25
Simplement Marie est fiancée à Joseph et se trouve enceinte avant qu'ils habitent ensemble. Joseph, ne voulant pas la diffamer, se propose de rompre secrètement ; un songe l'arrête, il la prend chez lui et donne à l'enfant le nom de Jésus.
Contexte Presque tout appartient à Joseph, et le texte prend deux précautions à son sujet. Il l'appelle un homme de bien dans la même phrase que sa décision de ne pas l'exposer, et il s'adresse à lui comme au fils de David, le titre que la généalogie vient de gagner en dix-sept versets, et il le reçoit au moment même où on lui dit que l'enfant n'est pas de lui. Le nom qu'il doit donner signifie ce que le verset dit qu'il signifie : c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.
Versets 22-23
Simplement Matthieu interrompt le récit pour dire que cela accomplit une parole de prophète, et il la cite : un enfant naîtra et on l'appellera Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.
Contexte La phrase qu'il cite se trouve en Ésaïe 7:14, et les deux éditions que sert cette application ne la rendent pas de la même façon. La World English Bible écrit the virgin aux deux endroits, en Matthieu et en Ésaïe. Segond 1910 écrit la vierge en Matthieu et la jeune fille en Ésaïe : un lecteur français qui remonte la citation trouve donc un autre mot à l'autre bout. Quel mot y appartient est une question d'hébreu et de grec que ce fichier ne tranche pas ; que les deux éditions diffèrent est une chose que le lecteur peut vérifier dans l'application, et cela mérite d'être dit plutôt que lissé.