Le chapitre
Simplement Deux histoires d'argent, et ce ne sont pas des histoires confortables. Dans la première, un intendant sur le point d'être renvoyé réduit les dettes des débiteurs de son maître pour qu'on l'accueille ensuite, et il est félicité pour son habileté. Dans la seconde, un homme riche qui ignorait un mendiant à sa propre porte meurt et trouve la situation renversée, s'entend dire que l'abîme ne se franchit pas et que ses frères ont déjà tout ce qu'il faut savoir. Entre les deux, quatre courtes paroles et une phrase sur le divorce.
Contexte Le mendiant a un nom et l'homme riche n'en a pas, et dans un livre de paraboles ce n'est pas rien. Qu'on lise les paraboles de cet Évangile de bout en bout, en 7:41, 10:30, 12:16, 13:6, 14:16, 15:11, 16:1, 18:2, 18:10, 19:12 et 20:9 : aucun personnage inventé n'y reçoit de nom. Lazare, au verset 20, est le seul, et c'est celui que le monde de l'histoire n'aurait pas pris la peine de nommer. Abraham est nommé aussi, mais Abraham n'est pas inventé pour l'histoire.
Versets 1-13
Simplement Un homme riche apprend que son intendant dissipe ses biens et lui demande de rendre ses comptes. L'intendant se sait trop faible pour bêcher et trop fier pour mendier : avant de partir, il fait venir les débiteurs et diminue leurs billets, cent mesures d'huile ramenées à cinquante, cent de blé à quatre-vingts, pour qu'ils lui doivent un accueil. Et son maître le loue, non pour son honnêteté mais pour son habileté. Jésus dit que les enfants de ce siècle traitent mieux entre eux que les enfants de lumière, et que nul ne peut servir Dieu et l'argent.
Contexte C'est la parabole la plus difficile à employer du livre, et la difficulté est dans le texte, pas chez le lecteur. L'homme est appelé MALHONNÊTE au verset 8 dans la phrase même qui le loue : rien n'est caché. Ce qui est loué est nommé aussi : il a agi AVEC PRUDENCE, ce qui consiste à voir ce qui vient. Le verset 9 applique ensuite la chose en gardant le malaise, puisqu'il dit de se faire des amis avec un argent qu'il appelle injuste dans le même souffle. Rien ici ne dit que l'intendant avait raison. La comparaison porte sur des gens qui préparent, et la seconde moitié du chapitre montre un homme qui ne l'a pas fait.
Versets 14-18
Simplement Les pharisiens, dont le texte dit qu'ils aimaient l'argent, se moquent de lui. Il répond qu'ils se justifient devant les hommes mais que Dieu connaît leurs cœurs, et que ce que les hommes tiennent pour élevé est une abomination devant Dieu. Puis deux lignes sur la loi et les prophètes jusqu'à Jean, et une ligne disant que celui qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère.
Contexte Le verset 18 arrive sans prévenir au milieu d'un chapitre sur l'argent, et il est plus court que ses parallèles d'une manière qui compte. Les treize éditions offertes ont été lues ici et aucune ne porte d'exception. Matthieu 19:9 et Matthieu 5:32, tous deux ouverts dans cette application, ajoutent SAUF POUR CAUSE D'INFIDÉLITÉ. L'écart est donc entre les deux livres et non entre les éditions, et un lecteur qui connaît la phrase par Matthieu la trouvera ici sans la clause. Ce fichier rapporte les deux formes et ne les harmonise pas : décider laquelle est la plus ancienne est une question de manuscrits que le corpus ne peut pas régler, et décider ce qui en découle appartient aux traditions, non à cette couche.
Versets 19-31
Simplement Un homme riche vêtu de pourpre fait bonne chère chaque jour. À sa porte gît un mendiant appelé Lazare, couvert d'ulcères, espérant des miettes, avec des chiens pour seule compagnie. Tous deux meurent. Lazare est porté auprès d'Abraham et l'homme riche est dans les tourments ; il demande qu'on lui envoie Lazare avec une goutte d'eau, puis qu'on l'envoie avertir ses cinq frères. Abraham répond que l'abîme entre eux ne se franchit pas, et que les frères ont Moïse et les prophètes. Le riche dit qu'ils écouteraient quelqu'un revenu d'entre les morts. Abraham dit que non.
Contexte L'homme riche n'est accusé de rien. Aucune cruauté n'est décrite, aucun crime, aucune fraude ; il avait une porte et quelqu'un était couché devant, et le verset 21 dit que le mendiant désirait les miettes, non qu'on les lui refusait. Ce qui est mis en cause, c'est l'arrangement lui-même, que le verset 25 énonce comme la comptabilité de deux vies. La dernière ligne est celle que le corpus peut prolonger. Le verset 31 dit qu'ils ne seraient pas persuadés même si quelqu'un ressuscitait d'entre les morts, et Jean 11, dans cette application, fait ressusciter un homme appelé Lazare, après quoi Jean 11:45 dit que beaucoup crurent et Jean 11:53 que les autorités décidèrent de le faire mourir. Ce fichier met les deux passages côte à côte et n'affirme pas que les noms soient liés : les deux Lazare sont simplement tous deux dans le corpus, et le second est suivi exactement du partage que le premier annonçait.