Le chapitre
Simplement Une femme est amenée au petit matin et Jésus refuse d'être celui par qui la lapidation commence. Puis il dit qu'il est la lumière du monde, et tout le reste du chapitre est une dispute qui durcit peu à peu, sur qui est son père et qui est le leur. Elle finit par des pierres ramassées de nouveau, cette fois pour lui, et il sort du temple.
Contexte QUI PARLE À QUI DANS CE CHAPITRE N'EST PAS UN DÉTAIL, ET LE TEXTE EST EXPLICITE LÀ-DESSUS. Le verset 30 dit que plusieurs crurent en lui, et le verset 31 dit que ce qui suit s'adresse à ceux qui avaient cru en lui. Tout ce qui vient après ce point, y compris la phrase la plus dure du livre au verset 44, se tient à l'intérieur de cette conversation. C'est une dispute entre Juifs au sujet d'un héritage juif, dans le temple, et le même Évangile fait identifier Jésus comme Juif par la Samaritaine en 4:9 et lui fait dire en 4:22 que le salut vient des Juifs. Ce chapitre, et le verset 44 avant tout, a été cité pendant des siècles contre tout un peuple et a servi à justifier des violences contre lui. C'est un fait sur l'usage qui a été fait du texte. Rien dans le chapitre ne le fonde, ce fichier ne le reprend pas, et rien n'est affirmé ici au-delà de ce que nomment les versets 30 et 31.
Versets 1-11
Simplement Des scribes et des pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu, et demandent si la peine prévue par la loi doit s'appliquer. La question est un piège. Jésus se baisse et écrit sur la terre, puis dit que celui qui est sans péché jette la pierre le premier. Ils se retirent un à un, en commençant par les plus âgés. Il lui demande si quelqu'un l'a condamnée, elle répond que non, et il dit qu'il ne la condamne pas non plus.
Contexte Le passage dit deux fois qu'il écrivait avec le doigt sur la terre et ne dit jamais ce qu'il écrivait. Ce silence est dans le texte, et un lecteur à qui l'on a dit ce qu'il écrivait s'est vu dire une chose que le texte ne contient pas. Deux autres détails se laissent lire trop vite. Le piège du verset 6 est signalé par le narrateur, donc le lecteur sait que c'est un piège avant même la réponse ; et les accusateurs n'ont amené que la femme, alors que le verset 4 dit qu'elle a été surprise en flagrant délit. Le passage est présent dans les quatorze éditions ingérées, vérifiées une à une : le lecteur le trouvera où qu'il lise. Savoir s'il se tenait ici à l'origine est une question de manuscrits que ce corpus ne peut pas trancher, posture déjà tenue en Jean 5:4.
Versets 12-30
Simplement Il dit qu'il est la lumière du monde. Les pharisiens objectent qu'un homme qui témoigne de lui-même ne prouve rien, et il répond qu'il ne témoigne pas seul, car le Père qui l'a envoyé témoigne aussi. Ils demandent où est son Père. L'échange va et vient sur son origine et sur sa destination, et il se termine par plusieurs qui croient en lui.
Contexte L'objection du verset 13 est juridique et Jésus y répond en termes juridiques, en citant la règle selon laquelle deux témoins rendent un témoignage recevable, puis en nommant son second témoin. Le verset 20 situe la scène dans le trésor du temple et reprend la phrase que le livre a déjà employée deux fois : personne ne se saisit de lui, parce que son heure n'était pas encore venue. Le verset 25 est le seul endroit du chapitre où la réponse frôle l'absence de réponse : quand on lui demande qui es-tu, il répond, dans cette édition, ce que je vous dis dès le commencement.
Versets 31-47
Simplement Il dit à ceux qui avaient cru en lui que demeurer dans sa parole est ce qui fait un disciple, et que la vérité les rendra libres. Ils répondent que, descendants d'Abraham, ils n'ont jamais été esclaves de personne. À partir de là la dispute porte sur la paternité : il dit que s'ils étaient enfants d'Abraham ils agiraient comme Abraham, et ils répondent que Dieu est leur seul Père. L'échange s'achève sur les mots les plus durs du livre.
Contexte La dispute tient sur une distinction que le texte pose deux fois : au verset 37 Jésus accorde qu'ils sont la postérité d'Abraham, et au verset 39 il refuse qu'ils en soient les enfants. La descendance est concédée, la ressemblance est refusée. L'affirmation du verset 33, n'avoir jamais été esclaves de personne, est une phrase qu'un lecteur devrait remarquer, puisque le livre de l'Exode dans ce même corpus ne parle que de cela. Le verset 44 est celui pour lequel ce chapitre est connu, et les deux versets qui encadrent la section sont ceux qui disent à qui il s'adresse : le verset 31 les nomme comme des gens qui avaient cru en lui. Ce fichier le dit et s'arrête là, car le corpus ne contient aucune source pouvant porter une affirmation sur l'usage qui fut fait ensuite de ce verset, seulement le fait qu'il le fut.
Versets 48-59
Simplement Ils le traitent de Samaritain et disent qu'il a un démon. Il répond que celui qui garde sa parole ne verra jamais la mort, et ils répliquent qu'Abraham est mort et les prophètes aussi, alors pour qui se prend-il. Il dit qu'Abraham a tressailli de joie de voir son jour. On lui fait remarquer qu'il n'a pas cinquante ans. Il répond qu'avant qu'Abraham fût, il est. Ils ramassent des pierres, et il s'en va.
Contexte Le verset 58 est le point vers lequel le chapitre allait, et la réaction du verset 59 est l'indice le plus clair de la façon dont il a été entendu : on ramasse des pierres aussitôt, sans poser une question de plus. Le verset 57 est un petit fait qui mérite d'être gardé, car c'est le seul endroit de cet Évangile où quelqu'un estime son âge, et l'estimation est une limite plutôt qu'un chiffre : pas encore cinquante ans. L'insulte du verset 48 associe deux accusations, Samaritain et démon, et il ne répond qu'à la seconde.