Le chapitre
Simplement Une fête approche et Jésus s'y rend tard et discrètement. Dès qu'il enseigne au temple, la foule n'arrive pas à s'accorder sur lui : les uns disent que c'est un homme de bien, d'autres qu'il égare le monde, certains pensent qu'il est le Christ et d'autres que sa région d'origine l'exclut. Des huissiers sont envoyés l'arrêter et reviennent sans lui, en disant seulement que jamais personne n'a parlé comme cet homme. Puis chacun rentre chez soi.
Contexte Le chapitre est fait d'opinions sur Jésus plutôt que d'événements, et il tient les comptes : le verset 12 partage la foule, le verset 31 dit que plusieurs crurent, le verset 41 repartage, le verset 43 appelle cela une division. Rien n'est tranché. Deux fois on veut se saisir de lui et deux fois personne ne met la main sur lui, et la seconde fois le texte ne donne aucune raison au-delà de la première : son heure n'était pas encore venue.
Versets 1-13
Simplement Ses frères lui disent d'aller en Judée et de se montrer au monde, et le texte dit sans détour qu'ils ne croyaient pas en lui. Il répond que son temps n'est pas venu, reste en arrière, puis monte quand même à la fête, en secret. Là-bas on le cherche déjà et on discute déjà de lui, mais à voix basse, par crainte.
Contexte Le verset 8 est le seul endroit de ce chapitre où les éditions proposées ici ne disent pas la même chose, et l'écart change ce qui se passe deux versets plus loin. Douze des treize font dire à Jésus qu'il n'y monte pas encore : pas encore, donc plus tard. Une seule lui fait dire tout court qu'il n'y monte point, sans encore, et c'est la Louis Segond 1910, celle que vous lisez. Dans la Segond, le lecteur reçoit une affirmation au verset 8 et son contraire au verset 10, et doit en faire quelque chose ; dans les douze autres, le mot encore a déjà absorbé la difficulté. Aucune des deux leçons n'est inventée et ce fichier ne tranche pas entre elles, car c'est une question de manuscrits que ce corpus ne peut pas trancher. À mettre à côté : le verset 5 dit que ses frères ne croyaient pas en lui, et le chapitre le rapporte sans l'adoucir.
Versets 14-36
Simplement Vers le milieu de la fête il se met à enseigner au temple, et l'on s'étonne que quelqu'un qui n'a pas étudié en soit capable. Il répond que sa doctrine n'est pas de lui. Puis il revient sur la guérison qu'on lui reproche et demande pourquoi la circoncision un jour de sabbat est permise et guérir un homme ne l'est pas. La foule discute d'où il vient, et les huissiers du temple sont envoyés pour le prendre.
Contexte L'œuvre unique dont il parle au verset 21 est la guérison de la piscine, deux chapitres plus tôt, ce qui fait lire ce chapitre comme une dispute qui continue et non comme une dispute nouvelle. L'objection du verset 27 mérite deux lectures, car elle est l'inverse de celle du verset 42. Ici la foule dit que le Christ viendra sans qu'on sache d'où, donc qu'un homme dont on connaît l'origine ne peut pas l'être. Plus loin, elle dit que le Christ doit venir de Bethléhem, donc qu'un Galiléen ne peut pas l'être. La même foule se sert des deux arguments en vingt versets, et le texte laisse cela sans commentaire.
Versets 37-44
Simplement Le dernier jour, le grand jour de la fête, il se tient debout et crie que si quelqu'un a soif, qu'il vienne à lui et qu'il boive, et que des fleuves d'eau vive couleront de celui qui croit. L'auteur interrompt la scène pour préciser qu'il parlait de l'Esprit, qui n'avait pas encore été donné. La foule se divise de nouveau sur son origine.
Contexte Le verset 39 est l'un des rares endroits où ce livre sort de la scène pour dire au lecteur ce qu'une phrase voulait dire, et il date ce sens : l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. L'objection du verset 42 est ce que le chapitre a de plus tranchant pour qui connaît les autres Évangiles, car Matthieu et Luc y répondent et Jean jamais. Bethléhem est nommée exactement une fois dans tout l'Évangile de Jean, dans ce verset, par des gens qui s'en servent pour écarter Jésus. Le livre consigne l'objection et ne dit nulle part au lecteur où il est né.
Versets 45-53
Simplement Les huissiers reviennent les mains vides. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent que jamais homme n'a parlé comme cet homme. Les pharisiens leur disent que la foule ne connaît pas la loi et qu'elle est maudite, et qu'aucun chef n'a cru. Nicodème, qui était venu de nuit, demande si leur propre loi condamne un homme avant de l'entendre. On lui demande s'il est Galiléen lui aussi. Puis chacun rentre chez soi.
Contexte Nicodème pose une question de procédure, celle de savoir si la loi entend un homme avant de le juger, et la réponse qu'il reçoit porte sur son origine. Personne ne répond à la question. Le chapitre s'arrête alors en plein mouvement, chacun s'en retournant dans sa maison, et ce qui suit dans toutes les éditions proposées ici est la femme amenée au petit matin. Le verset 53 est le début de ce passage, et il est présent dans les quatorze éditions ingérées, vérifiées une à une : le lecteur le trouvera où qu'il lise. Savoir s'il se tenait ici à l'origine est une question de manuscrits, et ce corpus ne peut pas la trancher, ce que cette application a déjà dit en Jean 5:4.