Le chapitre
Simplement Jésus traverse un torrent et entre dans un jardin, où Judas arrive avec des soldats. Il se livre et demande qu'on laisse partir les autres. Pierre tire l'épée et coupe l'oreille d'un homme. On mène Jésus chez Anne, puis chez Caïphe, puis chez Pilate, tandis que Pierre, dehors, dit trois fois qu'il n'est pas des leurs. Pilate l'interroge, conclut qu'il n'y a rien contre lui, et propose de le relâcher. La foule réclame Barabbas.
Contexte CET ÉVANGILE PLACE LA CRUCIFIXION UN AUTRE JOUR QUE LES TROIS AUTRES, ET LE LECTEUR DOIT LE SAVOIR ICI. Le verset 28 dit que ceux qui amènent Jésus à Pilate n'entrent pas, afin de pouvoir encore manger la Pâque ; 13:1 datait le souper d'avant la fête ; et 19:14 appelle le jour de la sentence la préparation de la Pâque. En Marc 14:12 et 16, les disciples préparent la Pâque et le souper EST ce repas-là, et en Luc 22:15 Jésus dit avoir désiré manger cette Pâque avec eux. Les deux récits sont dans cette application et le lecteur peut ouvrir les cinq versets. Ce fichier rapporte l'écart et ne le tranche pas, car le trancher demanderait des historiens que le corpus ne contient pas.
Versets 1-14
Simplement Il sort au-delà du Cédron vers un jardin qu'il fréquentait, ce qui explique que Judas sache où le trouver. Les soldats disent chercher Jésus de Nazareth ; il répond que c'est lui, et ils reculent et tombent par terre. Il demande deux fois, et obtient qu'on laisse partir les autres. Pierre coupe l'oreille droite du serviteur du souverain sacrificateur, et Jésus lui dit de remettre l'épée. On le lie et on l'emmène chez Anne.
Contexte Le verset 1 est l'endroit où s'accomplit enfin le départ ordonné en 14:31, trois chapitres de discours plus tôt. Deux détails du verset 10 n'appartiennent qu'à Jean : il nomme l'homme à l'épée, Pierre, et l'homme à l'oreille, Malchus. Matthieu 26:51, Marc 14:47 et Luc 22:50 laissent les deux anonymes, si bien qu'un lecteur qui compare verra qu'ici seulement quelqu'un porte un nom. Le verset 6 n'a d'équivalent nulle part ailleurs non plus : la troupe venue l'arrêter recule et tombe à terre avant que rien d'autre n'arrive. La coupe du verset 11 est la seule coupe de cet Évangile et elle désigne ce qui vient, non un repas.
Versets 15-27
Simplement Pierre et un autre disciple suivent. L'autre est connu du souverain sacrificateur et fait entrer Pierre, et la portière lui demande s'il est des leurs ; il dit que non. À l'intérieur, on interroge Jésus sur son enseignement et il répond qu'il a tout dit en public, ce qui lui vaut un coup. Dehors, on interroge Pierre deux fois encore, dont une par un parent de l'homme à l'oreille coupée. Il nie de nouveau, et le coq chante.
Contexte Les deux scènes sont montées l'une dans l'autre plutôt que racontées l'une après l'autre : interrogatoire dedans, reniement dehors, interrogatoire dedans, reniement dehors. L'effet est que Jésus disant n'avoir rien caché se trouve juste à côté de Pierre qui se cache. La troisième question, au verset 26, est la plus rude, car celui qui la pose est un parent de Malchus et dit avoir vu Pierre au jardin : le reniement est donc adressé à quelqu'un qui a une raison de se souvenir de son visage.
Versets 28-40
Simplement On l'amène chez Pilate dès le matin, et l'on reste dehors pour ne pas se souiller. Pilate fait la navette entre eux et Jésus. Il demande s'il est le roi des Juifs, et reçoit une réponse sur un royaume qui n'est pas de ce monde. Il demande ce que Jésus a fait, puis déclare ne trouver aucun crime en lui, et propose de relâcher quelqu'un pour la fête. On réclame Barabbas, et le texte note en quelques mots que Barabbas était un brigand.
Contexte Les allées et venues de Pilate donnent la forme de tout le procès : les accusateurs n'entrent pas, il doit donc sortir vers eux, et le texte rend sa position physique avant de la rendre morale. Le verset 38 lui donne la phrase pour laquelle on se souvient de lui, qu'est-ce que la vérité, et la scène n'attend pas la réponse : il tourne les talons sur la question. Le verset 36 est la phrase sur laquelle bascule l'accusation, et elle dit que le royaume n'est pas DE ce monde plutôt qu'il n'y est pas.