Le chapitre
Simplement Lazare est malade et ses sœurs font prévenir. Jésus, qui les aime, attend deux jours avant de partir, et quand il arrive Lazare est au tombeau depuis quatre jours. Il parle avec chacune des deux sœurs, pleure, et appelle le mort hors de la tombe. Le résultat est que beaucoup croient, et que les autorités décident qu'il doit mourir.
Contexte Le chapitre est la charnière du livre : le dernier et le plus grand des signes est aussi ce qui le fait tuer, et le verset 53 le dit en une ligne. Deux phrases se suivent et sont faites pour être inconfortables ensemble. Le verset 5 dit que Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare, et le verset 6 dit qu'ayant appris la maladie il resta deux jours où il était. Le texte n'offre aucune excuse pour cet intervalle et ne dit jamais qu'il est arrivé trop tard.
Versets 1-16
Simplement Les sœurs envoient dire que celui qu'il aime est malade. Jésus dit que cette maladie ne va pas à la mort, et reste deux jours de plus. Puis il annonce qu'ils retournent en Judée, et les disciples lui rappellent qu'on y cherchait à le lapider. Il dit que Lazare s'est endormi, ils le prennent au pied de la lettre, et il leur dit franchement que Lazare est mort. Thomas dit qu'autant aller mourir avec lui.
Contexte Le verset 2 fait une chose inhabituelle : il identifie Marie par une onction qui n'a pas encore eu lieu dans ce livre et ne sera racontée qu'au chapitre suivant. Le narrateur s'adresse à un lecteur supposé connaître déjà l'histoire. La phrase de Thomas au verset 16 est la seule qu'il prononce dans l'Évangile avant la chambre haute, et elle est à la fois loyale et sombre. La lapidation évoquée au verset 8 n'est pas une crainte vague : elle renvoie deux chapitres en arrière, où l'on a ramassé des pierres deux fois.
Versets 17-37
Simplement Marthe sort à sa rencontre et lui dit que s'il avait été là son frère ne serait pas mort, et que même maintenant Dieu lui accordera ce qu'il demandera. Il lui dit que Lazare ressuscitera. Elle répond qu'elle le sait, au dernier jour. Il dit qu'il est la résurrection et la vie, et lui demande si elle le croit. Elle dit oui, et l'appelle le Christ. Puis Marie arrive et dit exactement la même première phrase, et il pleure.
Contexte Les deux sœurs disent exactement la même phrase, que s'il avait été là leur frère ne serait pas mort, et il leur répond de façon entièrement différente : Marthe reçoit un raisonnement et Marie reçoit des larmes. La réponse de Marthe au verset 27 est la confession la plus complète que fasse quiconque dans cet Évangile, plus complète que celle de Pierre en 6:69, et il vaut la peine de remarquer qui la fait et où. Le verset 35 est le verset le plus court du Nouveau Testament, mesuré dans cette édition : treize caractères, devant Priez sans cesse à dix-sept. Les témoins du verset 37 posent la question que le lecteur se pose déjà, et personne n'y répond.
Versets 38-44
Simplement Il arrive au tombeau, une grotte fermée par une pierre, et dit d'ôter la pierre. Marthe objecte qu'après quatre jours il sentira. On ôte la pierre, il prie à voix haute et dit qu'il le fait pour que la foule entende, puis il appelle Lazare par son nom. Le mort sort encore enveloppé de ses bandes, et Jésus dit de le délier.
Contexte L'objection de Marthe au verset 39 est la phrase la plus concrète du chapitre et le texte la garde au lieu de la ranger. La prière du verset 41 est expliquée par le verset 42 dans le même souffle : il dit qu'il parle à voix haute à cause de ceux qui sont là, ce qui en fait la seule prière de l'Évangile dont le but déclaré soit d'être entendue. La dernière consigne est la plus petite et la plus humaine. Lazare sort vivant et encore lié, et il faut bien que ceux qui l'entourent fassent quelque chose.
Versets 45-57
Simplement Beaucoup de ceux qui ont vu croient, et certains vont le rapporter. Les principaux sacrificateurs et les pharisiens tiennent conseil et disent que si on le laisse faire tout le monde croira et que les Romains prendront leur lieu et leur nation. Caïphe, souverain sacrificateur cette année-là, dit qu'il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple. Dès ce jour ils décident sa mort, et Jésus se retire. La Pâque approche, et l'ordre est donné de le dénoncer.
Contexte Le raisonnement consigné au verset 48 est politique et non religieux : le danger nommé est Rome, et ce qui est en jeu est leur lieu et leur nation. Personne au conseil ne conteste que les miracles soient réels. Les versets 51 et 52 sont l'un des rares endroits de cet Évangile où le narrateur dit au lecteur qu'un orateur en a dit plus qu'il ne savait, et cela s'applique à un adversaire et non à un disciple. Le chapitre se termine là où finissait le chapitre 7, avec des gens se demandant s'il viendra à la fête, à ceci près qu'il existe cette fois un ordre permanent de le dénoncer.